Je n’aime pas les noirs, mais toi je t’aime bien

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« Je n’aime pas les noirs, mais toi je t’aime bien ».  Cette phrase aura créé bien des malaises.

Pourtant cette vérité (puisque c’en est une) est sensée être une marque d’affectation. La plupart des gens qui la disent n’en mesurent pas tout à fait la teneur. La seule évocation d’une personnalité publique noire suscite de la sympathie.

On touche au point, on aime les noirs quand ils font rire. En bon bounty je travaille mes blagues et mes accroches. Peut importe la personne, sa couleur de peau, ou ses origines. Il est courant d’entendre : « il est con mais qu’est ce qu’il est drôle ».

L’autre fois dans les transports, j’étais assis à côté d’un jeune homme qui parlait au téléphone. Il demandait des nouvelles, il parlait à de jeunes enfants. Ce qui va suivre intéressera peut être ou fera l’objet d’une autre publication : il parlait de chabbat. J’en ai donc déduit qu’il était juif. Alors même que ma sympathie pour ce jeune homme bienveillant grandissait il m’a ramené sur terre avec des mots durs à entendre. Il demandait à ses proches de le retrouver pour un restaurant le soir même. À l’autre bout du fil on lui propose d’inviter Charlie, à deux reprises. Il s’interrompt, et dit ceci « Non mais il est un peu con-con, puis il est noir... »

Il s’étouffe dans ce dernier mot, je sens son regard se lever sur moi. Mais je ne bouge pas, « poker face ». Ça le rassure, il continue de parler et je descends, je suis arrivé à destination.

Je m’attendais à bien l’aimer à voir une ouverture d’esprit. Mais au final je l’ai trouvé con et de toutes façons il avait un cheveu sur la langue, c’était insupportable! Tout ça pour vous dire qu’on le fait tous « je n’aime pas les [***], mais toi je t’aime bien« .

Il se trouve tout simplement que nous autres noirs le subissons quand même beaucoup. On m’a déjà sorti « Toi t’es le noir qui rassure, et qui rassemble. C’est toi qui doit parler. » Si vous lisez ceci, c’est que ça vous est sûrement déjà arrivé, racontez nous.

Allez, encore une dernière, je sortais avec cette jeune fille à l’époque. Rousse, jolie, travailleuse, bien sous tout rapports. Un soir en rentrant, elle me raconte ceci « je rentrais et à gare du nord je me suis faite abordée par une bande de petites racailles à casquette. Ils me demandent une cigarette, je leur réponds non et je me fais traiter de salope! Une bande de petits cons noirs qui n’ont rien à faire, ils feraient mieux de se trouver un travail au lieu de trainer, sale race ! «  À ce moment-là je suppose que mon légendaire poker face n’a pas tenu. Je crois même avoir demandé confirmation et avoir eu comme réponse « – enfin … tu vois ce que je veux dire ? – non! »

Chers amis blancs, ce n’est pas anodin d’insulter les congénères de vos amis noirs. Si vous aimez quelqu’un dites le lui simplement. Il n’a pas besoin de savoir qu’il fait partie d’une exception discriminante.

P. Boubou

Le contrôle de police

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« Bonjour, papiers du véhicule et pièces d’identité SVP. »

Aujourd’hui, je me suis fais contrôler : quelle joie! Oui c’est la première fois que ça m’arrive pourtant ça fait 15 ans au moins que je vis dans le pays des blancs.

Ok, ce n’est pas tout à fait vrai. Même si je me fait très peu souvent contrôler, il m’est arrivé souvent de me retrouver dans des situations qui méritent une analyse approfondie. Se faire contrôler par la police, pour moi il n’y a rien de plus banal. Lorsqu’on veut vivre en sécurité dans un pays il est normal que la police fasse bien son travail. Je peux vous dire que dans mon pays d’origine, un contrôle de police ce n’est pas une partie de rigolade. On a bien envie de rire quand le policier demande maladroitement le sou. Mais on est aussi bien emmerdé quand il a juste décidé que l’on passerait la journée avec lui.

Je peux vous dire que ça n’a rien à voir avec le petit contrôle qui fait « vos papiers svp« . La plus part du temps quand la coopération et le sourire hypocrite suit, il ne faut pas plus de 10 minutes pour retourner à ses affaires. Par contre oui! Et c’est là que beaucoup vont souffler en se disant : « il n’allait quand même pas faire l’éloge de la police tout du long« . Bien entendu un délit de faciès c’est courant, c’est simple, c’est facile. Il suffit d’être dehors, en compagnie d’amis noirs, une casquette vissée sur la tête contre le froid et le vent. Un jogging parce qu’il est inutile de se mettre sur son 31 pour aller au japonais du coin.

C’est encore plus absurde quand ces contrôles se font par ce que ma gueule ne va pas avec ma voiture. Oui je fais un métier qui me permet d’avoir un niveau de vie suffisant pour m’acheter une Golf (cf la pub de la marque).

Cela vous est déjà surement arrivé, vous avez eu cette altercation avec ce policier un peu trop zélé qui vous a méprisé. racontez nous, on aimerais savoir. Il ne s’agit pas ici de pointer le racisme de certains. Mais bien de faire comprendre que beaucoup ne comprennent pas comment il est possible pour un noir de réussir à se hisser dans certaines strates de la société sans tricher. « Comment c’est possible ? »

Moi j’ai décidé d’ignorer ces problèmes parce que c’est dur à accepter. Mais quand ça vous revient, il faut bien trouver le moyen d’en parler.

P. Boubou

Je m’appelle petit boubou

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« C’est sympa comme prénom, ça vient d’où ? »

Je n’ai jamais su dire si c’était une question ou simplement un moyen de briser la glace. Et quand je parle de « briser la glace » je parle de rentrer dans la fenêtre comme un boeuf et de tout défoncer pendant que je commençais à me dire « j’aime bien ce type, il est curieux ».

Je pense qu’il s’agit d’une tentative maladroite de se montrer concerné. Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais demandé à Irina d’où venait son prénom, surement parce que je sais qu’elle est russe. Où alors tout simplement parce que je ne trouvais pas ça important. Mais le jour où je lui ai demandé ce que voulait dire son prénom, j’ai senti cette condescendance monter dans ma voix.  C’est donc ça qu’on ressent ? Je me suis senti mal alaise. Si parmi vous il y a des « bounty » qui comprennent ce sentiment j’aimerais bien avoir votre avis.

Dès lors j’ai décidé d’arrêter de faire comme les occidentaux, et j’ai découvert que les gens aimaient parler d’eux quand on les écoute.

Faites une expérience : ciblez une personne dans les transports qui semble avoir du temps devant elle. Attention il faut que ce soit une personne d’origine étrangère, mais que ce soit socialement visible (pas de tabou ici : on dit blanc, noir, beur, indien, pakistanais … on dit tout, comportement, regard …). Si vous êtes aussi d’origine étrangère, ciblez une personne qui ne semble pas avoir les mêmes origines que vous. Maintenant parlez lui, posez lui une question anodine, souriez montrez vous avenant, et demandez lui d’où elle vient en la regardant droit dans les yeux, le sourire aux lèvres. Allez cherchez vos pop-corns et dégustez ses paroles. Vous en apprendrez surement plus qu’en lui posant une myriade de questions indiscrètes ou futiles.

P. Boubou

La toison noire

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Il vous est déjà arrivé, et j’en suis certain, si vous avez les cheveux crépus de sentir des mains sur votre tête, puis d’entendre : « Je peux toucher ? ». Bien entendu il est trop tard, les doigts sont enfouis, malaxant, fouillant et de nouveau des mots : « c’est dingue, on dirait de la moquette ».

C’est une chose horriblement offensante quand on prend du recul pour observer la situation. Mais bien souvent on laisse faire parce que c’est devenu fatiguant d’expliquer que c’est un affront. Si vous avez déjà essayé de l’expliquer il se peut que vous soyez tombé sur l’ami des noirs. Vous savez cette personne qui a un meilleur ami camerounais et qui pense que ça justifie toute blague raciste.

Si vous lisez ceci amis de noirs, petits enfants d’immigrés, fans outrageux d’Afrique (ça fera l’objet d’un article très bientôt), et vous les autres qui n’avez jamais eu de noir dans votre entourage. Sachez que NON, vous ne pouvez pas toucher mais que ça nous fatigue de vous expliquer pourquoi.

Mais alors pourquoi on ne peut pas toucher ?

Et bien parce qu’en Afrique, toi l’ami des noirs tu devrais le savoir, on ne touche pas la tête des gens (le mauvais sort se transmet souvent par ce biais). Bon okay, c’est une croyance populaire et en Occident on ne sait pas bien ce que c’est le mauvais sort. Mais déjà, sachez que c’est connoté.

Ensuite nous ne nous connaissons peut être pas. C’est surement (bien souvent) la première fois que nous nous voyons. Et parce que je fais tout pour vous mettre à l’aise, ça ne veut pas dire que vous pouvez toucher. Touchez moi le sexe pendant que vous y êtes, il paraît qu’il n’a pas la même taille.

Pour ne pas trop m’étaler, parlons de cette dernière remarque « on dirait de la moquette… » Non! #seriously?

Je me souviens avoir touché sournoisement les cheveux d’une blanche américaine venu rendre visite à mon père quand j’étais ENFANT! Elle avait des cheveux blancs, raides et léger comme du fil de couture. Avouez que c’est intriguant, et que la curiosité d’un enfant lui permet toute volubilité. Puis de là à comparer cette chevelure à des nouilles, des vermicelles ou de la paille, la route est longue.

Lisez et relisez, amis « bounty » conciliants, amis activistes et autres NOFI, laissez nous vos témoignages sur cette histoire de toison noire. N’oubliez pas d’y joindre vos conseils ça nous éclairera peut-être.

P. Boubou

La drague panafricaine

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« J’adore l’Afrique, les africains sont beaux, tu viens d’où ? »

Autant vous le dire, ce n’est pas une drague , ce n’est pas subtile, c’est une supplication! Le message qui se cache derrière c’est « prends moi tout de suite ».

Si ca vous est déjà arrivé, vous savez de quoi je parle. Que vous soyez de Mars ou de Venus, cette approche tellement rentre dedans vous aura choquée.

Il est de ces gens, des bobos ratés, des enfants de bonne famille en mal d’exotisme qui font de leur vie un océan de sensations. C’est au cours d’une soirée (une de ces nombreuses sauteries auxquelles je participe) arrosée que j’ai fait la connaissance de Marie, appelons la comme ça. Dès son arrivée, elle me fixe du fond de l’appartement et me lance un sourire généreux. C’est bien agréable, mais lorsqu’un rapprochement se fait quelques minutes plus tard, je me rends compte qu’elle est deja bien faite (alcool et autres substances…).

Ses premiers mots sont « j’adore l’Afrique, les africains sont beau ». Visiblement elle ne remarque pas mon sourire gêné alors elle continue son aude à l’africanité. Lors de ce voyage dans le bizarre nous avons traversé 3 étapes.

Etape 1 : Eloge de l’africanité

Marie me souris et se montre très douce. Son but est peut être de me faire rougir, mais elle a oublié qu’un noir ne rougit pas très bien. Devant mon manque de reaction et puisque je trouvais cette approche débile, elle va surenchérir.

Etape 2 : Il faut tout oser

Vous pensez que cette situation est déjà assez déroutante. Mais cela va devenir pire puisque Marie attend de moi que je la kidnappe et que je l’emmène dans la forêt pour abuser d’elle. J’exagère à peine et je le réalise quand elle lance : « arrête de faire semblant, tu as envie de moi! » Elle se montre engageante et s’occupe de tout.

Etape 3 : L’aversion

Si comme moi vous aimez comprendre les gens, leur motivation, creuser le fond de la question. Si vous êtes intolérants à la médiocrité et qu’une drague pour vous c’est un happening, une oeuvre d’art, alors vous allez vite comprendre que Marie n’en veut qu’à ma peau.

Ce qui m’est arrivé par la suite est incroyable. Elle m’a emmené à la fenêtre pour me dire qu’elle était « panafricaniste ». -c’est à dire ?

– j’aime l’Afrique, les africains sont les meilleurs

– je ne comprends pas ce que tu dis.

– regarde autour de toi, qu’est ce que tu fais là? Il n’y a que des blancs. Pourquoi tu n’es pas avec tes frères ?

*Je suis choqué, je la regarde avec le regard de côté qu’on me connait*

– ce sont mes amis en faite

– après tout ce que les blancs font aux noirs tu as des amis blancs ?

– heu.. tu es blanche

Je n’aurais jamais du dire ça ou alors c’est ce que j’aurais du dire depuis le début.

– oui je sais, de toute façon tu es un faux noir, tu es un bounty! T’es un perdu

– précisément! Et j’aurais tant aimé rajouter qu’elle l’était davantage que pouvait l’être un bounty.

Mais je n’ai rien dit puisqu’à ce moment j’avais compris que Marie était ce que j’appelle maintenant une #whitaf. Il y en a de plusieurs sortes. Mais Marie n’aime pas qu’on lui rappelle sa couleur.

Avez vous rencontré des #whitaf vous aussi ? Dites nous tout! Éclairez nous s’il vous plaît.

P. Boubou

La porte du musée

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Les musées c’est un truc d’occidental. 

Sur ce postulat me voilà prêt à courir les lieux culturels et les divers musées qui peuplent le pays des blancs.

Il apparaît aussi que je suis d’un naturel curieux, et voir mes connaissances s’étendre me fait un bien fou à l’ego. Cependant quand je rentre dans un musée, une fois l’excitation des premières découvertes estompée, je retombe lourdement sur terre avec une dure constatation dans les chaussettes.

Les seuls noirs que j’ai croisé tenaient la porte. À Paris c’est moins vrai qu’en province. Je n’ose pas imaginer ce qu’il en est dans une ville ouvertement populistes.

Cela paraît d’autant plus étrange que ma présence dans des tous petits villages lors de manifestations culturelles semble bien mieux accueillie. Je ne dis pas avoir assisté à la danse des bigouden bretonnes, mais presque… Les sourires étaient radieux! L’invitation à la participation plus prompt, les questions plus faciles même si elles étaient parfois gênantes.

Je me souviens de cette vieille dame de 85 ans qui m’observe et fini par dire au voisin dont je la sépare – Mais c’est qu’il parle bien français! Puis elle se retourne et me souris. Petite victoire pour moi (avec autant de stupéfaction qu’elle), j’ai fait évoluer une opinion!

Quant à ma présence qui s’impose comme un cheveux sur la soupe dans un concert électronique où les noirs tiennent les portes… Je ne sais toujours pas quoi en penser ? Le regard des blancs est étonné, celui des noirs est insistant. Je vous avoue que j’ai du mal à comprendre ce qu’il veut dire. Pourtant j’ai déjà tenu des portes et récuré des toilettes. Avais-je ce regard vide et insistant ?

Dites nous ce que vous en pensez, où que vous vous soyez reconnu…

P. Boubou

Bounty VS Black Panthers

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« Mon frère, ces blancs nous méprisent. Ils continuent à pier l’Afrique! »

Souvent une discussion entre un bounty et un activiste noir commence comme ça. Autant vous dire qu’à l’évocation de cette méprise, le bounty prépare déjà sa liste de points à aborder. Oui sachez qu’un bounty adore discuter, mais encore plus de ce qui marque une différence entre lui et un semblable (je parle ici d’un noir)…

Sur un fond de chant révolutionnaire imaginez deux noirs qui sont complètement absorbés par leur discussion. Ils parlent fiévreusement et leur ferveur est admirable. Ils parlent de changement, de révolution en marche. Ils évoquent la mise en avant des valeurs noires, ils se tournent vers un avenir communautaire. Ils évoquent l’éventualité de ne donner leur argent qu’à des commerces tenus par des personnes noires (cf le mouvement black owned qui prend de l’ampleur aux US).

Maintenant imaginez que l’une de ces personnes soit un bounty. Je vous assure qu’il est d’accord. Que lui aussi en a marre, et qu’il a en horreur les suprématistes blancs autant qu’il les craint. C’est surement pour cette raison qu’il trouve cela ridicule d’être lui même suprématiste noir. Il n’a surement pas envie de répandre des messages de haine. Il n’a pas envie de nourrir la haine du KKK : vous vous souvenez cette manifestation du KKK qui s’est terminé en bain de sang ? Alors sa meilleur réponse à la haine c’est l’ignorance. Il sait que des milliers souffrent, que beaucoup sont persécutés. Mais son projet est de mettre la haine de côté pour donner une meilleure image de lui afin de réussir à créer. Créer et prospérer lui permettrait de prendre de l’importance, plus il aura de galons alors plus son verbe aura du poids. Et enfin si ses mots raisonnent il peut agir contre ces personnes qui haïssent les gens de sa couleur. VOILA le projet du bounty.

Bien entendu, nous n’avons pas tous le même projet. Et c’est triste de se retrouver confronter à des situations inextricables telles que les incompréhensions autour de la mort du jeune Adama Traoré.

En fait en tant que bounty exposant ma vision du « combat » à un activiste, j’ai surement déjà pris une rasade d’insultes, une avalanche de mépris s’est étalée sur tout mon corps. Alors chers amis activistes comprenez que sans votre acharnement les bounty n’auraient pas le temps de mener leur combat et qu’il aurait fallu aussi avoir été bounty pour connaitre cette société qui nous méprise. Quand à moi je ne me sens pas méprisé puisque je tourne le dos aux personnes qui ne m’apprécient pas. J’accueille avec joie toutes les personnes qui ne me méprisent pas  et je construis pour qu’un jour mon verbe ait plus de pouvoir. Ma position est prise, quelle est la votre ? Qu’en pensez vous ?

Force au verbe.

P. Boubou

Chers amis blancs

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Si vous n’avez pas déjà vu ce film « Dear white people » , je vous le conseille. Un film inspiré, qui traite son sujet finement. Il est présenté comme une comédie mais ce n’en est pas une à mon sens!

Bref je ne suis pas critique cinéma, je suis Petit Boubou et ce que j’ai à vous dire concerne un des points abordés dans ce film. « Chers amis blancs, avoir un petit ami noir […] » ne vous donne pas le droit de faire des blagues racistes. Au contraire cela vous enlève ce droit à tout jamais!

Imaginez notre journée de personne de couleur dans un pays de blancs aujourd’hui. Des blagues racistes nous en entendons toute la journée. C’est encore plus dur quand on est une femme noire. D’ailleurs ami(e)s de galère racontez nous les blagues qui vous ont le plus choquées dans vos journées : que la thérapie commence !

Revenons à nos moutons. Lorsqu’on rentre d’une journée éreintante. Quand en bon bountyon fait des efforts pour effacer les différences. Et qu’en face, l’on nous repète sans cesse des phrases du style: « t’es plutôt rapide pour un noir ». Je vous assure chers amoureux blancs que la stupefaction est à la hauteur du découragement quand on vous entend nous dire en rentrant « fais moi l’amour comme un noir! »

Les petites phrases du quotidien, « les gens de ta couleur ont la peau sèche », « les noirs ont des cheveux impossibles à coiffer… » Chers amoureux blancs, n’étiez vous pas au courant ? Alors svp des remarques concernant la couleur de notre peau, nous en avons suffisamment. Merci de ranger les vôtres dans le tiroir du bas. Ceci n’est pas un coup de gueule, il s’agit d’un appel au respect de la réciprocité.

P. Boubou